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Le céder à la pression

QU'EST-CE QUE C'EST?

Vous avez sûrement déjà vu quelqu’un qui tente de libérer son pied écrasé sous le sabot de son cheval ;  plus il pousse, plus le cheval s’appuie fortement sur le malheureux pied.  Il faut savoir que naturellement les chevaux s’appuient contre la pression.  Cela fait partie intégrante de la programmation pour leur survie en vue de se libérer de l’emprise d’un prédateur.

Afin d’établir une relation harmonieuse avec son cheval, il est nécessaire de lui enseigner à dépasser ses craintes, ses réactions de défense, son réflexe d’opposition et lui apprendre à céder à la pression.  Le principe est fort simple, il consiste à montrer au cheval à céder à la pression continue (et non la pression rythmée) sans quoi cela devient de plus en plus inconfortable.  Au moment où le cheval cède à la pression, il retrouve instantanément le confort recherché.  Ainsi, il comprend de plus en plus rapidement la demande et l’exécute sur le champ.

POURQUOI EST-CE IMPORTANT ?

Dans l’établissement d’une communication efficace entre le cavalier et son cheval, la cession à la pression est de toute première importance.  Pourquoi est-ce si important vous dites-vous ?  L’effet du mors, des jambes, des rênes, de l’assiette n’impliquent-ils pas une pression continue ?  Plus le cheval comprend et répond à une pression légère, plus la qualité de la manœuvre s’en trouve améliorée, et devient presqu’imperceptible à l’oeil.  Par contre, si le cheval résiste à la pression ou s’il ne comprend pas comment céder, il s’appuiera contre le mors, tirera sur les rênes, s’endormira sur la jambe et sera insensible aux mouvements de l’assiette.

En utilisant le bout des doigts pour déplacer le cheval dans toutes les directions, un seul petit test au sol permet d’évaluer facilement comment il se comportera en selle.  À chaque fois que vous utilisez le licou, la laisse, le mors, la jambe, l’assiette ou la main, votre cheval devrait répondre aisément, respectueusement et de façon volontaire à la pression.  Cela devrait être aussi simple que lorsque vous pousser un bateau jouet dans la baignoire – vous n’observez aucune résistance.

LES RÈGLES DU JEU

Il y a 4 principes à respecter lorsque l’on désire le céder à la pression, soit :

1- L’INTENTION.  Un regard déterminé indique l’intention.  Le langage du corps et le niveau d’énergie dégagé doit correspondre à l’intention.  Par exemple :  Imaginez-vous dans votre salon avec l’intention de déplacer le sofa.  D’un regard déterminé vous vous dirigez vers le meuble que vous désirez déplacer.  Vous activez l’énergie appropriée qui vous sera nécessaire et vos muscles sont prêts à l’action.  Imaginez, à l’opposé, avoir le regard de quelqu’un qui regarde paisiblement la télé de façon passive avec une énergie toute relaxe ;  Vous n’arriveriez certainement pas à déplacer le sofa d’un pouce avec une telle énergie.

Ainsi, votre langage corporel, l’énergie et la vitalité dégagées indiqueront clairement à votre cheval «  Prépares-toi à te déplacer sous la pression qui s’en vient ».  De cette façon vous n’aurez sans doute pas à exercer une pression très forte.  Rappelez-vous que vous souhaitez atteindre une demande qui n’excédera pas que quelques grammes de pression.

2-PRESSION CONTINUE.  Cela veut dire que la pression est appliquée doucement et continuellement (jusqu’à l’obtention d’une réponse) et non par intermittance.  La pression rythmée est plus confrontante et agressante.  En terme de politesse, en vue d’une complicité et d’un partenariat, ce n’est pas la méthode de pression rythmée qui sera retenue.  Contrairement au sofa, lorsque vous désirez déplacer un être vivant, pensant et avec des émotions, vous devez y aller progressivement dans votre demande.  Vous débutez avec une suggestion que vous augmentez jusqu’à ce qu’il y ait une réponse.  La question est alors la suivante : « Comment être suffisamment doux et jusque où être ferme ? » ou « Aussi doux que possible, aussi ferme que nécessaire ».

3- QUATRE PHASES DE FERMETÉ AMICALE… ET RELÂCHEMENT INSTANTANÉ.  Il existe quatre étapes ou phases lors de l’application de la pression continue.  La première consiste à être la plus légère possible et la quatrième correspond à tout ce qui est nécessaire pour être efficace et donner les résultats voulus.  Voici, en résumé et de façon imagée, en quoi cela consiste.  Phase 1 : appliquer une pression sur le poil (aussi légère qu’une mouche).  Phase 2 : mettre une pression sur la peau.  Phase 3 : appliquer une pression au niveau du muscle.  Phase 4 : appliquer une pression sur l’ossature.  Chaque étape devient progressivement et doucement plus insistante, tout en devenant de plus en plus inconfortable.  C’est à ce moment précis où le cheval répond à la demande ou fait une tentative de réponse qu’il faut relâcher immédiatement.  Ce n’est pas ce que vous faites qui démontre à votre cheval ce que vous désirez, mais c’est lorsque vous cessez de lui demander.

Ceci est la façon de sensibiliser le cheval à la pression.  Vous devez être prêt à relâcher à n’importe quelle phase.  Si vous persistez à la suite d’une réponse, il s’endurcira et deviendra résistant à la pression, vous le désensibiliserez.  Le CONFORT est la principale source de motivation du cheval (après la sécurité).  Vous pouvez donc lui enseigner à devenir plus léger en lui permettant de gagner du confort en cédant à la pression.

À part ne pas relâcher suffisamment rapidement lors d’une réponse, les principales erreurs les plus fréquemment répandues sont de ne pas appliquer la phase 1 et sauter tout de suite à la phase 2 et de ne pas atteindre la phase 4 lorsque nécessaire.  N’utiliser que la phase 3 et 4 n’est pas vraiment des plus efficaces.  Le cheval devient alors lourd et/ou irrespectueux à cause de votre insensibilité.  En devenant trop ferme trop rapidement et avec manque d’écoute et de sensibilité « feeling », vous agresserez votre cheval et n’obtiendrez que de piètres résultats.

Pratiquez vous sur votre propre bras, appliquez une pression seulement au niveau du poil.  Vous voyez comment léger la demande peut être ?  Observez les chevaux qui peuvent identifier l’emplacement exact d’une mouche sur n’importe quelle partie de leur corps, notez à quel point ils sont sensibles.

Les chevaux ne jouent pas à la pression continue entre eux.  C’est un jeu que nous avons à lui enseigner car beaucoup de notre communication en selle en dépend.

4- CARESSE-PRESSION-ARRÊT DE LA PRESSION (DÉCONTRACTION).  À chaque fois que vous vous préparez à jouer à ce jeu, vous devez le caresser auparavant.  À la suite d’une pression suivi d’une réponse, vous cessez toute pression et vous décontractez tous vos muscles.  Ceci est particulièrement important pour lui enseigner les étapes ou phases, et voici pourquoi :

Si vous appliquer toujours une pression sans aucune caresse, votre cheval deviendra rapidement sur la défensive.  À toutes les fois que vous vous approcherez de lui, à toutes les fois que vous souhaiterez le toucher, il s’éloignera de vous.  Vos mains ne signifieront pour lui qu’inconfort.  Il vous évitera, vous craindra et perdra confiance en vous.  Ceci est particulièrement vrai pour un cheval très sensible.  Il faut être très attentif à la réponse qu’il nous donne afin de détecter s’il s’agit d’une cession à la pression ou d’une fuite (résultat non désiré).  Dans le dernier cas, il nous indique simplement qu’il ne sait pas répondre à la pression.  Ce type de cheval est sujet à paniquer lorsqu’il sent trop de pression, par exemple en s’appuyant fortement sur le mors ou dans certains cas, l’on doit cesser toute action de la jambe pour ne pas décoller à la troisième vitesse.  Ce n’est certes pas ce que l’on souhaite.

La solution : plus le cheval est sensible, plus il lui faut être caresser, le réconforter et s’en faire un allié.  En résumé, faire à nouveau le processus d’habituation.  Ceci permet à votre cheval de ne pas « le prendre personnel », particulièrement si vous avez à vous rendre à la phase 4.  Si vous le caressez en premier, appliquez une pression, relâchez instantanément dès l’obtention d’un résultat, vous serez dans la bonne voie en vue d’établir une excellente relation avec votre cheval.

COMBIEN DE TEMPS ENTRE LES PHASES ?

Cela dépend !  Voici la règle générale au début de l’apprentissage :  Prévoyez 2-3 secondes entre les phases.  Eh oui, c’est bien long ces secondes se diront certains.  Et d’autres se rendront compte de la vitesse à laquelle ils montaient en phase 3 ou 4.

L’autre règle, cessez d’augmenter dès que vous sentez que votre cheval cherche une solution.  Même s’il ne la trouve pas tout de suite, maintenez le confort sans l’augmenter.  Comme dans un examen à choix multiple, il finira par tomber sur la bonne réponse, et votre relâchement lui permettra de comprendre et d’associer le confort à la bonne action.  S’il  ne cherche plus et n’a pas encore trouvé, vous pourrez l’augmenter.  Et finalement, ne JAMAIS augmenté la pression lorsque votre cheval a peur. Prenez le temps de lui expliquer doucement et patiemment. 

AUSSI DOUX QUE POSSIBLE, AUSSI FERME QUE NÉCESSAIRE.

COMBIEN DE TEMPS RELÂCHER APRÈS LA RÉPONSE ?

Le temps qu’il faut pour qu’il enregistre… et cela dépend du cheval, mais en règle général 5 secondes devraient suffire.  Si vous demandez immédiatement quelque chose d’autre après la réponse, il risque d’oublier et ne pas enregistrer.  C’est un peu comme un ordinateur un peu lent, si vous couper le courant tout de suite après « Enter » alors que la petite lumière rouge était toujours allumée, vous perdrez l’enregistrement.  Souvent le cheval prend une bonne respiration et relaxe ou se lèche les babines, alors à ce moment là je n’intervient pas … jusqu’à ce que cette petite lumière s’éteigne !

QUELS EXERCICES FAIRE AU SOL ?

  • Le recul en exerçant une pression sur le nez OU sur le poitrail
  • Le déplacé de l’avant main en exerçant une pression sur la tête et sur le passage de sangle OU sur l’encolure
  • Une flexion latérale d’encolure (en préparant des mains de bon cavalier, qui ferme doucement et relâche rapidement)
  • Le déplacé de l’arrière main (tout en gardant le contrôle de la tête) en exerçant une pression sur le côté arrière (près des flancs au début et progressivement vers l’endroit où sera positionner la jambe du cavalier)
  • Le baissé de l’encolure à l’aide du licou ou de la main

BONNE PRATIQUE

 

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