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HABITUATION

Désensibilisation ou Habituation

Le cheval est avant tout une proie tandis que l’homme se classe dans la catégorie des prédateurs (le plus grand semble-t-il !).  Des proies tels les chevaux, les bovins, ou les cervidés sont programmés par la nature pour déjouer les tentatives des prédateurs.  S’ils n’en étaient pas capables, ils auraient depuis longtemps disparus.

En règle générale, les animaux-proies sont peureux, claustrophobes et toujours prêts à démarrer au quart de tour.  C’est une question de survie.  Ils doivent rester sur le qui-vive, pouvoir fuir au moindre signe de danger et rester groupés.  Leur vision périphérique très large leur permet de détecter tout changement qui pourrait menacer leur survie. 

De votre côté, pour assurer leur sécurité dans notre monde moderne et dans le cadre de la pratique de l’équitation, il est important d’augmenter leur confiance et leur bravoure, sans quoi leur instinct de survie pourrait entraîner des blessures graves tant au cheval qu’au cavalier. 

La confiance pourrait se diviser en deux grandes catégories, soit la bravoure générale du cheval et la confiance qu’il a en vous.  Quelques fois ce lien lui permettra d’exécuter une manœuvre qu’il n’aurait pas fait de lui-même.  Mais pour cela, vous devez de plus en plus développer des qualités de leader et devenir digne de confiance.

La bravoure générale face à de nouveaux stimulis peut se développer via un processus que certains nommeront la « désensibilisation » mais je préfère penser plutôt à un processus d’habituation et préserver cette grande qualité équine qu’est la sensibilité. 

Vous souhaiter pouvoir en tout premier lieu le toucher partout en toute confiance.  Que dire d’un cheval qui s’inquiète avec une caresse !  Quel comportement aura-t-il lorsque quelque chose de vraiment inquiétant surviendra ?  Certaines zones du corps sont plus sensibles que d’autres.  Certains chevaux disent : « Tu peux me toucher la tête, mais pas les oreilles ».  D’autres disent : « Tu peux toucher mon nez, mais je ne te laisserai pas toucher à ma bouche ».  D’autres encore disent tu ne peux pas te mettre à gauche, entraînant ainsi des problèmes de montoir, tandis que d’autres diront tu ne peux pas passer sur mon côté droit.

Si un cheval est « chatouilleux » ou inquiet à certains endroits, vous pouvez utiliser un bâton en guise de prolongement de votre bras.  Au cours des âges, toux ceux qui ont côtoyé du bétail - bergers, gardiens de cochons, de bovins, et éleveurs de chevaux – ont utilisé des bâtons de différentes longueurs et de différents types dans le but de dresser, de contrôler, de renforcer, et de perfectionner la communication avec l’animal. 

Touchez-le partout pour repérer le début de ses zones sensibles.  Cette évaluation initiale vous permettra d’élaborer un programme progressif adapté à votre cheval, en vue de réduire ses craintes. 

Une technique d’habituation peut alors être utilisée, combinée avec un des concepts les plus importants qui est celui d’approche et de retrait (comme le ferait une proie qui se dirige vers un point d’eau contrairement à un prédateur qui s’y rendrait directement).  Si vous vous approchez de la zone sensible, puis vous arrêtez et reculez un instant, vous lui donnez le temps de jauger et d’évaluer vos intentions.  C’est un peu comme si vous agitiez le drapeau blanc pour signaler que vous ne représentez aucune menace.

Si vous cherchez à habituer un cheval, vous devez répéter exagérément vos gestes en agissant de façon rythmée.  La répétition constante d’un stimulus a, sur lui, un effet de détente.  Si un cheval a peur des tapis de selle, il faudra l’habituer à leur vue et au fait de les poser sur son dos.  D’un mouvement régulier, et en répétant ce geste plus qu’il ne serait nécessaire ou logique, posez un tapis sur son dos et faites-le bouger jusqu’à ce que le cheval s’habitue à son contact.  Il finira par comprendre que le tapis est tolérable et ne risque pas de lui faire mal.  Puis par la suite arrivera la réelle décontraction, celle tant recherchée.

Chaque endroit où votre cheval est tendu et sur la défensive, cela vous indique qu’il est sceptique quant à vos intentions, qu’il reste un doute dans son esprit à votre propos.  Vous pouvez utiliser votre main, une laisse, un drapeau, un bâton, un manteau, tout ce que vous pouvez penser pour rendre votre cheval plus brave, plus confiant et moins sceptique.

Tout est dans l’approche et l’intention.  Comme lorsque vous rencontrez pour la première fois une personne que l’on vous présente,  essayez de faire bonne impression à votre cheval.  Un sourire sur le visage, le corps détendu et le cœur sur la main vous pouvez maintenant approcher votre cheval et lui tendre la main.  Certaines poignées de mains sont écrasantes et dominatrices, d’autres molles ou sur le bout des doigts, d’autres moites ou crispées, d’autres sans vie et d’autres chaleureuses et accueillantes.  Laquelle désirez-vous avoir ?

La décontraction  est la pierre angulaire d’une saine relation avec un cheval et à son processus d’apprentissage.  Débutez chacune de vos rencontres par une caresse plaisante aux endroits permis par le cheval.  Après avoir fait plus amples connaissances, approchez doucement les endroits plus délicats.  Selon la réponse, vous pouvez évaluer la perception qu’a le cheval de vous et de la progression de votre relation.  Bientôt, vous pouvez augmenter progressivement les stimulus.  Ainsi, vous pouvez identifier si le cheval est du type qui accepte tout, en autant que ce soit lent et silencieux, mais qui s’inquiète dans le cas contraire.

Autre notion à savoir, c’est que la punition et la récompense ne fonctionnent pas avec les chevaux.  La punition comporte souvent une notion de colère et d’agressivité et les chevaux les perçoivent comme étant un acte de prédateur.  Quelquefois, la punition est trop tardive et le cheval peut difficilement associer le comportement non désiré à la correction.  Pire encore, il arrive qu’un cavalier désire punir une mauvaise conduite alors que le cheval agit tout simplement sous la peur causée par l’instinct de conservation.  On obtient de meilleurs résultats avec les renforcements positifs et négatifs contrairement à la punition. 

Si un cheval tente de vous mordre au bras, vous vous retournez et tentez de le frapper alors qu’il s’est déjà éloigné et vous le manquez… il a gagné la partie en tentant de lui donner une punition.  Par contre, si au moment où il s’étire pour vous mordre, vous soulevez votre coude à la seconde près, préférablement en ne le regardant pas, il se frappera lui-même le nez contre votre bras.  Ceci est un renforcement négatif et il n’aura qu’à s’y frapper qu’une fois ou deux pour changer de comportement.  Alors que la punition pourrait devenir un jeu continue de celui qui est plus vite que l’autre (jeu de leadership) ou comme une agression de la part du prédateur incitant ainsi le cheval à entrer dans un mode de survie (instinct de proie) oubliant ainsi l’objet de la leçon du jour ! 

Le renforcement qui consiste à reconnaître le plus petit effort de la part du cheval pour immédiatement relâcher et arrêter la demande pour ainsi renforcer la réponse est également très efficace.  En résumé, rendre confortable ce qui est souhaité et inconfortable (ce qui ne signifie pas douloureux ou menaçant qui n’aurait qu’à attiser son instinct de survie et de fuite) ce qui ne l’est pas. 

L’habituation sans contrôle peut entraîner une catastrophe ou en d’autres mots, il est important de garder un équilibre entre la confiance et le respect.  Que serait-il d’une relation où le cheval est très brave et absolument pas respectueux ou à l’inverse très respectueux mais hyper inquiet ?  Dans les deux cas, ni la sécurité du cheval ni la sécurité du cavalier n’est assuré.  Il existe malheureusement plusieurs incidents qui surviennent lorsqu’une personne prend soin ou nourrit son cheval, qu’il lui offre toute sa gentillesse mais n’a aucun respect de la part du cheval.  Le cheval apprend rapidement que l’être humain n’est pas dangereux, alors il tente d’établir un lien hiérarchique en le dominant, le poussant, le chassant etc…  Si vous ne démontrez pas à votre cheval que vous êtes le leader, il assumera alors que ce rôle lui revient.  C’est pourquoi il est important de comprendre les règles de leadership dans la horde pour jouer le jeu et devenir, selon lui, l’individu à respecter, à écouter et à suivre. 

 

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